C'est quoi une marque de mode éthique ?
C’est d’abord promouvoir la sobriété sous toutes ses formes. Il s’agît d’une approche holistique, qui va bien au-delà du simple fait de proposer des produits durables. Cette approche globale, implique nécessairement de remettre en question les pratiques et les modèles dans lesquelles est enfermé notre secteur. Elle oblige même, finalement à en sortir.
L’industrie textile, c'est 50 % de surproduction. Ne produire que ce que nous vendons relève simple du bon sens. Pourtant, presque aucune marque ne le fait. Cette surproduction entraîne un gaspillage massif, car les marques doivent écouler leurs stocks à tout prix, souvent au détriment de la durabilité et des véritables besoins des consommateurs. Résultat : 70 % de ce que nous achetons finit donné ou jeté dans l’année. Ces chiffres illustrent les conséquences directes du modèle en vigueur. Etre une marque éthique, c’est nécessairement ne plus participer à ce modèle.
Le plus longtemps nous portons nos vêtements, le moins nous en achetons, et le moins nous en produisons. Et produire, c’est polluer. Ce n’est pas plus compliqué que ça.
Dans son sourcing en prenant en compte la durabilité et la recyclabilité des matières et le nombre de km entre la matière première et le tissage. Dans sa production et sa logistique, en s’efforçant de produire local et en optimisant les émissions du 1er au dernier dernier mètre, en évitant l’avion. Et enfin dans sa distribution.
Le monde n’a pas besoin de nouvelle marque de vêtement. Notre secteur a besoin de revoir son modèle et d’inventer une mode tout aussi désirable, et bien plus frugale. Etre une marque éthique, c’est avoir l’ambition d’influencer son environnement économique, ses fournisseurs, ses clients, ses concurrents. C’est vouloir être copié finalement.
Il y aurait tant à dire sur le marketing. Comment exister et se développer sans vous demander d’acheter en permanence comme le font 99% des marques. C’est là un des enjeux les plus passionnants de notre époque. Un peu de réglementation ne ferait pas de mal, car aujourd’hui vertu environnementale et sociale sont clairement défavorisées par les règles du jeu.


